J'approche de la date fatidique, celle à partir de laquelle l'horloge a commencé à égrener les minutes, les heures et les jours. Je réalise, comme chaque jour, qu'il s'est refermé. Qu'il a cessé de battre au delà du minimum vital. Ce n'est surement pas plus mal. S'il repartait de plus belle, s'il rebattait comme au bon vieux temps, s'il cognait et résonnait de nouveau en moi à chaque pulsation, à quoi cela m'avancerait il ? Quand les battements doivent-s'arrêter brusquement et venir se caller douloureusement sur le rythme-saccadé des aiguilles d'une horloge, on ne-récolte rien, excepté des souffrances, des larmes et un soupçon de confiance en soi en moins.
Bien sûr, j'éprouverais toujours ce manque. Ce vide laissé par cette personne que l'on ne peut plus prendre dans nos bras. Ce noeud dans la gorge lorsqu'en nous réapparaitra le souvenir d'un paysage à jamais-associé à un visage.
Omnubilés par la quête de l'Amour, celui que l'on prend un malin plaisir à faire débuter par un grand A, on en oublie le petit, le simple, celui qui se cache derrière le sourire d'un visage inconnu, derrière un regard empli d'une bonté angélique, derrière une nouvelle rencontre qui sans qu'on le sache risque de marquer notre vie entière. Celui qui peut nous procurer tant de joies et nous apporter tant de-réconfort qu'on en viendrait presque à oublier qu'on est seul.
---------« Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule-------------------------------Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent----------------------------------------------------------------------------------L'angoisse de l'amour te serre le gosierComme si tu ne devais jamais plus être aimé »
-------------------------------------------------------------------------------Apollinaire